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50 ans de la vie d'un médecin de campagne


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7 - Les accouchements

Chapitres

Quand j’ai cherché des documents pour me rafraîchir la mémoire afin de mettre noir sur blanc ces quelques souvenirs, j’ai été étonné de constater que j’avais aidé 535 bébés à venir au monde. Je pensais que le total était bien inférieur à ce nombre, mais pourtant, il est bien vrai : chaque année, j’ai noté sur une feuille séparée, la liste des accouchements effectués et le total a été bien facile à faire.

J’ai un certain nombre de souvenirs concernant ce chapitre particulier de la médecine qui, à la campagne, était peut-être celui permettait le mieux de connaître les familles. Par contre, pour mon compte personnel, c’était aussi celui qui me déclenchait la tension intérieure la plus intense. Chaque accouchement présentait toujours une grande part d’inconnu, même chez les femmes que je connaissais bien, quant à la durée, à la façon dont il allait se passer, aux complications possibles, et je ne me détendais vraiment que lorsqu’il était complètement terminé, délivrance comprise. Cette tension nerveuse, je ne m’en débarrassais d’ailleurs pas immédiatement, et ma femme m’a toujours dit que la nuit qui suivait, était souvent pour moi accompagnée d’un sommeil plus agité aux rêves plus fréquents. Tans que j’ai exercé la médecine de campagne, je n’ai jamais pu laisser de côté cette tension nerveuse particulière au moment des accouchements.

Il faut dire que dans ces circonstances, outre le rôle technique du médecin dans le bon déroulement de l’accouchement, il faut aussi continuellement rassurer la patiente (qui ne l’est pas toujours) et quelquefois encore plus la famille réunie dans la maison.



Il m’est aussi arrivé, mais dans des circonstances très rares qui ne doivent pas dépasser les cinq doigts de la main, de baptiser des enfants en danger de mort, soit au moment même de l’accouchement, soit immédiatement après, avec l’assentiment de la famille bien entendu. Je considérais en effet cela comme un devoir puisque tout catholique peut et doit le faire dans ces circonstances particulières. Mais, heureusement, ces enfants ainsi baptisés « in articulo mortis », ne sont pas forcément morts ensuite. Alors, je devais avertir le curé, en lui expliquant ce que j’avais fait, afin qu’il régularise…

Cette histoire de baptême me rappelle une anecdote qui m’est survenue dans des circonstances pas du tout obstétricales, et que j’intercale ici.



Je soignais à Giroux, une jeune femme juive qui s’était réfugiée avec son bébé âgé de six mois environ, et dont le mari, juif également, se cachait dans un autre pays où il puisse trouver du travail et échapper aux Allemands. Un jour, la jeune femme me dit qu’elle était juive (ce que je savais déjà), quoique peu pratiquante, mais que par contre, son mari était beaucoup plus religieux et désirait que son enfant soit circoncis, en fois de quoi, elle me demandait de faire cette opération au moutard, en remplacement du rabbin qu’elle ne pouvait pas trouver. « Ce sera la même chose », me dit-elle.

Naturellement, je déclinai cette proposition… saugrenue en expliquant à la mère que d’une part, bien que médecin, je ne connaissais rien à la technique de cette opération chirurgicale, et que d’autre part, si elle y attachait une valeur morale, c’était un baptême juif qui ne pouvait être effectué que par un juif, ce qui n’était pas mon cas ! De sorte que je lui conseillais vivement de chercher un rabbin, article très rare, il est vrai à cette époque !…



Le premier de ma longue série d’accouchement eut lieu dès mon arrivée, très exactement deux jours après, de nuit bien entendu ! En fait, c’était un de mes confrères de Courpière qui avait suivi la dame pendant sa grossesse et aurait dû l’accoucher. Comme le domicile de la future mère était dans un hameau isolé dans la montagne augerolloise, pratiquement inaccessible à ce moment-là en voiture, comme mon confrère était « juste » en essence et comme il était déjà âgé, il conseilla aux futurs parents de s’adresser à moi et me mit ainsi « le pied à l’étrier ».

Pourquoi je parle de cet accouchement qui n’eut en fait rien de sensationnel, sinon d’être difficile, c’est d’une part parce que ce fut le premier, et ensuite parce qu’à un moment j’ai pratiquement joué ma carrière à Augerolles à quitte ou double.

C’était dans un hameau bien isolé, ai-je déjà dit, et j’étais seul avec le mari, le père et la mère de la parturiente pour qui c’était la première grossesse et qui était âgée de plus de quarante ans, ce qui n’arrangeait rien. La famille, qui était composée de gens extrêmement tatillons, surtout le mari, me regardait sans grande confiance et on peut les en excuser : je n’étais installé que depuis deux jours et je n’avais pas encore 27 ans ! Aussi quand, devant un accouchement dont la phase d’expulsion traînait anormalement en longueur et était plus ou moins bloquée, je leur déclarai qu’il fallait que je fasse une application de forceps, il me regardèrent un peu plus de travers et me demandèrent d’appeler un de mes confrères.

Je me dis alors rapidement : si, deux jours après ton installation et pour ton premier accouchement tu es obligé d’avoir recours à un confrère, tu vas passer irrémédiablement pour un maladroit et un bon à rien, et ta clientèle est fichue !

Je leur répondis donc que je n’étais pas contre l’idée d’appeler un confrère, mais que, ce qui était vrai, étant donné le temps qu’il faudrait pour aller, à pied, téléphoner au médecin et ensuite celui-ci pour monter de Courpière jusque chez eux, je ne répondais pas de ce qui pouvait arriver au bébé entre temps, car pour moi il fallait faire rapidement l’application de forceps.

Ils me laissèrent donc faire cette application, et m’aidèrent puisqu’il fallait bien maintenir la patiente. Ensuite tout se passa normalement, quoiqu’il s’agisse en l’espèce d’un forceps assez difficile, et je mis au monde une fille.

A ce moment, tout changea dans l’attitude de la famille à mon égard et quand tout fut entièrement terminé, il fallut faire le repas dans la nuit avec omelette, jambon de ménage etc… (C’était très apprécié à l’époque !) Et je me dis que les accouchements, tout au moins cette phase après le travail, étaient bien sympathiques ! Ce ne fut pas le cas chaque fois ! Deux jours après il me firent cadeau d’un couple de jeunes lapins que nous nommâmes aussitôt « Paul et Virginie » et ceci, joint à l’achat de deux autres lapines, fut le début d’une période d’élevage qui nous amena jusqu’à vingt quatre petits lapins alors que ma femme, enceinte, ne pouvait pas manger la viande de ces intéressants (?) animaux. Mais ceci serait une autre histoire, en dehors des souvenirs médicaux.

Quant au bébé, ma « première fille », hé bien, je continue actuellement à la voir à peu près chaque jour dans le bourg d’Augerolles.



Pendant cette même année 1943, je fus appelé pour accoucher une jeune femme dans un hameau en pleine montagne au-dessus de La Renaudie. Là aussi, il s’agissait d’une première grossesse et l’accouchement traînait en longueur, mais là, nous en étions seulement à la première des deux phases de l’accouchement, celle de la dilatation que dans certains manuels on appelle « phase de désespérance » car c’est long et la femme souffre sans avoir l’impression que ces douleurs servent à quelque chose. L’accoucheur doit savoir attendre.

J’ouvre ici une parenthèse. Dans l’ordonnance que je donnais à mes futures accouchées en vue de la prochaine naissance, il y avait, outre les compresses de gaze, le coton hydrophile, etc… de l’alcool à 90°, de la teinture d’iode et un litre de « liqueur de Labarraque ».

Qu’est-ce que c’est que cette « liqueur » et à quoi peut-elle bien servir ? Je ne pense pas qu’elle ait disparu des nouveaux formulaires, bien qu’elle soit moins utilisée maintenant. Il s’agit d’un désinfectant. C’est une solution d’hypochlorite de sodium ou, si vous préférez, tout bêtement de l’eau de Javel, mais une eau de Javel plus purifiée et surtout six fois moins concentrés que celle utilisée dans les ménages. Même moins concentrée, c’est encore un produit caustique et on ne l’emploie, d’ailleurs uniquement en usage externe, que fortement diluée. Dans le cas des accouchements, je l’employais pour des injections vaginales antiseptiques, à la dose de deux cuillères à soupe par litre d’eau bouillie.

Donc mon accouchée souffrait et se plaignait en criant plus ou moins : « Oh ! que j’ai mal !.. Oh ! que je suis fatiguée !.. Oh ! Je vais mourir !.. » Dans un coin de la pièce, la famille se réunit, discuta à voix basse, et le mari vint vers moi : « Il faut lui donner un fortifiant ! » Je lui répondis que c’était assez pénible à cette période mais que ça allait bientôt se terminer, et que de toute façon, il n’était pas question de donner en ce moment un fortifiant quel qu’il soit. Le mari s’en retourna, pas convaincu. Et comme la femme continuait ses pleurs et gémissements, la famille recommença son petit « soviet » en aparté et à nouveau le mari vint vers moi : « Faut lui donner un fortifiant ! » Je lui fis évidemment la même réponse en l’exhortant à la patience. Et tout à coup, je le vis qui avait pris un verre à boire à la cuisine, venir vers la table où étaient disposés les médicaments, remplir le verre à ras bords avec la liqueur de Labarraque, et le présenter à sa femme ! J’arrêtai vivement son intervention discutable et lui demandai ce qu’il voulait faire.

« Hé bien, je veux lui donner un fortifiant puisque vous ne voulez pas lez faire ! Car c’est bien un fortifiant puisque c’est marqué « liqueur » ! !… »

On s’expliqua… et l’accouchement se termina enfin, un peu plus tard, de façon bien normale. Mais comme « fortifiant », il faut avouer qu’il y a mieux que l’eau de Javel, même diluée au sixième !



N’en déplaise à mesdames Veil, Roudy et Halimi, à la naissance les garçons sont habituellement mieux accueillis que les filles. Sans aller jusqu’à l’état d’esprit des chinois qui considèrent la naissance d’une fille comme une calamité, il faut reconnaître que, sur le moment, les petits garçons ont la coté d’amour. En témoignage, voici deux arrivées au monde que j’ai observées.

Dans une famille où il y avait déjà une fille comme premier enfant, arriva pour le deuxième accouchement un garçon. Le père lors de l’accouchement, enthousiasmé, ne put se retenir d’applaudir ! ça, c’était gentil !

Dans une autre famille où il y avait déjà 3 ou 4 filles, arriva une nouvelle filles. Le père, très déçu, haussa les épaules et ronchonna : « Encore un pute ! »… ça, c’était nettement moins gentil !



En parcourant ces souvenirs obstétricaux, sans suivre d’ordre chronologique, je m’aperçois que j’ai jusqu’ici parlé d’accouchements longs. Il y en a eu également de courts et même de tellement courts que je n’ai pas eu le temps de les faire.

Ainsi, dans une ferme à moins de 4 kilomètres d’Augerolles, je fus un jour appelé pour un accouchement. C’était la deuxième grossesse pour la dame. Pour moi, c’était toujours l’époque du vélomoteur. Je fixais dans ces cas-là une valise contenant mon matériel sur le porte bagages et en route ! ce n’était d’ailleurs pas une bonne méthode pour mes instruments qui étaient très secoués et que je dus ainsi faire re-chromer deux fois…

Arrivé à la maison de la future accouchée, je vis celle-ci sortir de l’écurie où elle avait probablement trait ses vaches. Je cris m’être trompé, et je le lui dis. Mais elle remit de suite les choses au point en me confirmant que c’était bien elle qui accouchait. Au moment de l’examiner, je m’aperçus que j’avais oublié quelque instrument à la maison et je lui demandai de se coucher pendant que je retournais chercher chez moi ce qui me manquait.

Combien de temps ai-je mis pour faire l’aller et retour ? Même avec mon vélomoteur, certainement moins de quinze minutes. Mais quand j’arrivai de nouveau chez mon accouchée, le bébé était déjà arrivé lui aussi !



Une autre fois, toujours à « l’époque du vélomoteur », je fus appelé au Brugeron pour un accouchement, et là aussi, j’arrivai un peu trop tard, le bébé étant né entre temps. Pendant le trajet, la chaîne de mon vélomoteur avait sauté en plein milieu de la route de la Faye, route peu fréquentée alors et passant au milieu des bois.

Remettre en place une chaîne de vélomoteur le jour n’était déjà pas si facile. Mais le faire la nuit, sur une route forestière où, suivant l’expression consacrée, « il faisait noir comme dans le derrière d’un nègre », et sans lumière, cela relevait presque de l’exploit. Mon retard à cet accouchement n’était pas sans excuses !



Habituellement les familles prévoyaient à l’avance la préparation matérielle de ces venues au monde, au point de vue chambre d’accouchement, lit, récipients divers pour faire bouillir de l’eau, etc… et je pouvais travailler, sinon dans les mêmes conditions que dans une maternité, du moins dans des conditions normales. Mais je me souviens de deux cas qui furent vraiment l’antithèse de ces conditions normales.

Le premier eut lieu à Giroux-gare, dans une pièce d’une maison non occupée, mise à la disposition des intéressés par la mairie d’Olliergues, et concernait des bohémiens de passage à ce moment dans la région. Bien entendu, j’ignorais tout de la femme. Quand je vis les conditions dans lesquelles j’allais devoir travailler, j’essayai à plusieurs reprises, mais vainement, de l’envoyer à la maternité d’Ambert dont je vantai les mérites sans succès. La tribu, qui stationnait autour, avait en effet, outre leurs roulottes, une grosse Renault pas tellement vieille qui aurait bien pu faire le transport. Comme bassines, casseroles, etc… seulement une poêle à frire pour faire bouillir mes instruments ! heureusement, les voisins prêtèrent une casserole et un peu de vieux linges pour langer le bébé et… tout se passa bien !

Le deuxième eut lieu dans un hameau isolé, partagé entre les communes d’Augerolles et de la Renaudie, dans une maison qui déjà commençait à tomber en ruines, et avec un matériel plus que réduit (seulement deux ou trois casseroles plus ou moins déglinguées) en raison de l’impécuniosité des intéressés. Là aussi, par chance, tout se passa normalement, mais je me demande ce qui aurait pu survenir s’il y avait des complications, seulement un forceps à placer… Il y a quelques années, je suis repassé dans ce hameau en me promenant. Il n’existait plus. Toutes les maisons s’étaient effondrées et je n’ai jamais pu retrouver celle, ou du moins son emplacement, où j’avais fait cet accouchement.



Les conditions climatiques étaient parfois difficiles pour rejoindre la maison de la future mère. Je me souviens d’un soir où j’arrivai en pleine tempête de neige au Brugeron. Un des parents m’attendait dans un des hôtels du coin où je laissai ma voiture et nous partîmes tous deux à travers la tourmente, par des chemins de terre (de neige à ce moment !), en portant ma valise d’accouchement, jusqu’à l’habitation de la future accouchée, située à un bon kilomètre.



Une autre fois, pendant le mois de février qui est toujours le plus mauvais mois de l’hiver dans la région, je fus appelé pour un accouchement dans un hameau de La Chamba, commune de la Loire. Normalement cet accouchement aurait dû être fait par un de mes confrères de Noirétable qui avait suivi l’intéressée . Mais la route, qui franchit un col entre Noirétable et La Chamba, était impraticable et c’est pourquoi il fut fait appel à moi. J’allai avec ma voiture jusqu’à trois kilomètres au-dessus du Brugeron, là où la trace devenait à peu près inexistante.

Quelqu’un, parent de la future accouchée, m’attendait là. Nous laissâmes ma voiture dans une grange et nous partîmes tous les deux à ski (j’avais été prévenu à ce sujet), portant en sac à dos mon matériel d’accouchement, et ceci sur 5 kilomètres en montée légère, en suivant la route.

L’accouchement se passa normalement et il n’y aurait rien d’autre à dire, mais comme il se termina tard, vers 11 heures du soir, je téléphonai chez moi (via Saint-Etienne et Clermont !) que je restais coucher et que je ne rentrerais que le lendemain. Et là, je couchai pour la première et unique fois, dans un « lit-wagon ». Il s’agit, dans les anciennes fermes d’Auvergne, de sortes de profonds placards surélevés occupant tout un côté de la salle commune. Dans ces placards, où il faut monter avec un escabeau et qu’on peut fermer, soit avec des portes, soit avec un rideau, il y a un lit, ou généralement plusieurs, disposés l’un derrière l’autre. C’est donc là que je couchai et il paraît que je rêvai dans la nuit ! Le lendemain matin, je refis le chemin inverse à skis, seul cette fois, jusqu’à ma voiture.



Dans tous ces accouchements, une fois le bébé mis au monde, il fallait lui donner les premiers soins, le peser, le langer, etc… J’aimais bien m’occuper de cette tâche, aidé toujours par quelque vieille mémé ou une quelconque tante de l’enfant. Pour la pesée, c’était bien simple : je mettais le nouveau-né dans une serviette nouée aux quatre coins que j’accrochais à une balance « romaine ». Il y en a dans toutes les maisons et c’était assez précis.

Une fois, dans le bourg d’Augerolles, il y eut une naissance de deux jumeaux dans une famille. Une brave femme, plus ou moins « factotum » dans tout le pays, qui assistait à l’accouchement, me dit : « je vais aller les peser ». Elle prit les deux moutards dans son tablier et descendit à la boulangerie voisine (les deux portes étaient contiguës) dans l’intention de les peser sur la Roberval de la boulangère. Mais les deux bébés piaillaient dans le tablier et une cliente qui était dans la boulangerie et ne voyait pas ce qu’il y avait dans ce tablier lui dit :

« Qu’avez-vous dans votre tablier ? ce sont des petits chats que vous allez noyer ? »

La brave femme lui montra alors ce qu’il y avait dedans et je crois que la cliente fut tellement suffoquée qu’elle ne sut que dire !



Pendant que je suis dans les histoires de jumeaux, continuons !… Le 15 mars 1946, j’étais allé en voiture à Thiers avec ma femme et mes deux enfants, dans l’intention de faire photographier ces deux derniers chez un photographe, afin d’avoir un beau portrait « officiel » de Françoise et Pierrot.

Pendant ce temps, un accouchement se déclencha au bourg de La Renaudie, dans une famille où j’avais suivi la femme, enceinte, au cours de sa grossesse. Les parents, ne me trouvant pas chez moi, téléphonèrent à mon confrère d’Olliergues qui monta donc à La Renaudie. C’était une grossesse gémellaire. Le premier bébé, une fille, vint sans difficultés. Par contre, le deuxième ne voulait pas venir, coincé qu’il était en présentation de l’épaule, une des pires de l’obstétrique. Mon confrère eut alors l’idée de me téléphoner chez le photographe (comment sut-il où j’étais, je l’ignore !) et je revins rapidement à Augerolles, puis à La Renaudie. Aidé par mon confrère et aussi surtout par mon ancienne formation à la maternité, j’eus la chance de pouvoir débloquer et mettre au monde une deuxième fillette, grâce à une version par manœuvres internes.

Mais alors se posa une question : ni la mère, ni le père ne savaient quels prénoms leur donner ! « C’est bientôt le début du printemps, dit mon confrère, donnez leur donc des noms de fleurs ». Suggestion qui fut adaptée d’enthousiasme par les parents, et c’est ainsi que Rose et Marguerite furent les prénoms des deux sœurs ! Tout le monde fut bien content, sauf… une des tantes qui était absente lors de l’accouchement et vint « m’attraper » trois jours plus tard en me demandant à quoi je pensais d’avoir fait donner des noms aussi ridicules aux deux fillettes ! Responsabilité que je rejetai, avec juste raison, quoique ces deux prénoms me parussent assez gentils !



Une autre fois, j’avais amené avec moi, ma femme et la pharmacienne d’Augerolles, dans le but de m’aider, c’est-à-dire de donner un coup d’anesthésie au kélène pour un forceps. C’était dans une ferme entre Olliergues et Augerolles, et le jeune ménage y vivait avec les parents de la jeune femme, le père étant un ancien chauffeur de taxi parisien retiré à la campagne, assez vantard et aimant s’écouter parler.

Comme l’accouchement était terminé et que je continuais à m’occuper auprès de la mère et du bébé, ma femme redescendit avec la pharmacienne dans la salle commune où se trouvait le grand-père. Celui-ci leur dit alors :

« Voyez-vous mesdames, ma fille est un enfant de la science ».

« ? ? ? ? »

« Oui, ma femme et moi ne pouvions pas avoir d’enfants. J’en ai parlé à un de mes amis qui était pharmacien dans le quartier et voici le conseil qu’il m’a donné… »

A ce moment, sa femme qui redescendait du premier étage et avait entendu le début de la conversation lui cria de se taire en le traitant d’imbécile… et c’est ainsi que ma femme pourtant fort intéressée, ne sut jamais la méthode employée pour la conception de « l’enfant de la science » !



Anesthésie… j’ai vanté les mérites et le peu de toxicité du kélène pour les anesthésies de courte durée. Pourtant, il faut reconnaître que tous les anesthésiques peuvent être dangereux et l’histoire suivante va en fournir la preuve :

J’avais été appelé pour un accouchement à… (pour une fois ne donnons pas le nom du pays). La parturiente était une robuste gaillarde de plus de 40 ans (cela n’arrangeait rien, d’autant plus qu’il s’agissait d’une première grossesse) dont la réputation était d’avoir pas mal « rôti le manche du balai » jusqu’ici, et avec pas mal de monde ! Un de mes bons amis de l’endroit m’a assuré qu’une des spécialités de la dame était d’attraper une pièce de cinq francs posée sur la tranche, sur une table. Mais pas avec les mains, ni la bouche… vous me comprenez ! enfin passons sur cet intéressant talent de société dont je ne parle que par ouï dire et qui n’a pas de rapports avec la suite de cette histoire.

Dans la maison, pour suivre l’accouchement, il y avait outre la mère de l’intéressée et son mari (un brave homme, assez porté sur le « canon » et ayant un prénom très commun, disons Jean Baptiste par exemple), un premier couple de voisins et un deuxième couple de voisins dont le mari, menuisier, portait un prénom de genre breton très peu commun dans le pays, disons Yannick si vous voulez…

Beaucoup de monde pour assister à un accouchement, direz-vous ! Mais en ce temps-là, les distractions étaient rares dans ce pays, la télévision n’existait pas encore, alors c’était un spectacle qui en valait bien un autre, sans compter quelques verres à boire !…

Donc l’accouchement allait son train, trop lentement d’ailleurs et l’âge de la parturiente n’y était certes pas étranger. A un certain moment, je décidai de faire une application de forceps et descendis à la cuisine pour faire bouillir mes instruments (j’utilisais à cet usage exclusif, une poissonnière qui était très pratique pour cette utilisation). J’y trouvai la femme du menuisier qui était seule à ce moment près du feu et qui me dit : « C’est triste, docteur ! »

Je lui répondis qu’il n’y avait rien de triste, que c’était seulement un accouchement un peu pénible qui traînait un peu trop, mais que j’allais le terminer rapidement avec le forceps et qu’il n’y avait absolument aucune raison de s’inquiéter.

« Ce n’est pas cela que je veux dire, docteur. Je ne parle pas de l’accouchement. Je dis seulement que c’est triste pour moi d’assister à l’accouchement de la maîtresse de mon mari ! »

Sur le coup, je fus plutôt surpris, c’est le moins qu’on puisse dire ! Et puis j’essayai « d’arranger les choses », de semer le doute dans son esprit, de lui dire qu’il ne fallait pas trop croire ce qu’on pouvait raconter puisque, elle-même ne les avait pas surpris ensemble, qu’il n’y avait peut-être rien… etc… Bref, je crois que je lui avais sinon remonté complètement le moral, du moins semé un doute lénifiant… et je montai terminer l’accouchement.

Je confiai à un des hommes, je crois au menuisier Yannick, le soin d’anesthésier au kélène la parturiente, après lui avoir bien expliqué la manœuvre…

Et puis, le mis au monde un garçon grâce au forceps, et puis je fis cesser l’anesthésie, et puis la patiente commença à se réveiller lentement :

« Yannick, Yannick chéri, serre-moi bien fort dans tes bras, prends-moi, j’ai envie de toi… » enfin toute la phraséologie qu’emploient les filles d’Ève lors de leurs transports amoureux !

Je n’avais pas pensé que le kélène pouvait agir à la façon d’un « sérum de vérité ». Non seulement mon sermon auprès de la femme du menuisier prenait rétrospectivement un aspect ridicule, mais je me dis : « Ca y est ! il va y avoir une bagarre générale ! Que vais-je faire au milieu avec le moutard sur les bras ? »

Hé bien non, il ne se passa rien ! Tout le monde fut très bien, de vrais « gentlemen » ! Chacun fit comme s’il n’avait rien entendu ! Et la bouteille qui salua ensuite l’arrivée au monde de ce jeune garçon fut bue par tout le monde, gaiement et apparemment sans arrière pensée ! Un conseil cependant en conclusion : Méfiez-vous des anesthésiques !



Quand on traverse une voie ferrée à un passage à niveau, on peut voir une pancarte : « Attention un train peut en cacher un autre ! » L’anecdote suivante pourrait s’intituler : Attention une grossesse peut en cacher une autre !

Une nuit, je fus réveillé par un paysan déjà d’un certain âge qui venait à pied, me chercher pour aller accoucher sa fille. A pied, il fallait le faire, car la ferme en question était à 9 km d’Augerolles. Il paraissait en outre de très mauvaise humeur. Effectivement, j’avais suivi sa fille pendant sa grossesse et je devais l’accoucher, mais cet accouchement n’était prévu qu’une quinzaine de jours plus tard. Comme je le fis remarquer au futur grand-père en lui disant qu’il y avait cette quinzaine d’avance sur la date prévue, il me répondit que ce n’était pas cette fille là qu’il agissait, mais de sa sœur cadette non mariée ! Cela pouvait expliquer sa mauvaise humeur, mais ce n’était qu’une partie de l’explication car, ainsi qu’il me le dit ensuite dans ma voiture, c’était son gendre, le marie de la première, qui était responsable de cette deuxième grossesse imprévue !

La sœur n’était pourtant pas une beauté, avec une forte claudication due à une ancienne luxation d’une hanche, affection qui pouvait peut-être donner un certain piment à leurs ébats, mais qui ne gêna pas l’accouchement, ces luxations ayant au contraire tendance à élargir la bassin osseux. Comment avait-elle réussi à cacher sa grossesse jusque là ? Vis-à-vis de son père, cela était possible car il était veuf et ne devait pas avoir la perspicacité des femmes dans ces questions, mais vis-à-vis de sa sœur… !

Quinze jours plus tard, je revins dans la même maison pour un deuxième accouchement, celui qui était initialement prévu. Il est probable, mais je ne m’en souviens pas, que le rôle d’aide accoucheuse dut être inversé entre les deux sœurs.

Le grand-père est mort depuis longtemps. Les deux fillettes, à la fois cousines et sœurs, durent être élevées ensemble. J’ai perdu de vue les deux femmes. Par contre, il m’arrive de revoir de loin en loin, plutôt vieilli, l’auteur de ce joli « doublé » !



Il faut que je parle maintenant, pour terminer cette longue série de souvenir obstétricaux, de mon amie Ginette, la championne en nombre de tous mes accouchements !

Elle habitait dans un hameau des environs de La Renaudie, où d’ailleurs elle doit toujours vivre, hameau comprenant plusieurs maisons habitées, ce qui n’était pas inutile dans le cas présent, au point de vue aide possible.

La première fois où je fus appelé chez elle, en 1943, c’était pour son deuxième accouchement. Je ne sais comment se passa le premier avec mon prédécesseur, mais pour celui-ci je fus servi ! Quand j’arrivai, l’enfant (une fille) était déjà né, mais je trouvai une femme en pleine hémorragie, baignant dans son sang, et pour arranger le tous, enfoncée dans un lit avec, en guise de matelas, une « couette » en plumes ! La pauvre femme avait un utérus inerte qui ne s’était pas contracté comme il aurait dû le faire après la délivrance, car celle-ci était aussi plus ou moins faite, et de ce fait continuait à saigner.

Il n’y avait qu’une chose à faire, traitement barbare je le reconnais, mais indispensable si je ne voulais pas voir mourir la femme devant moi : après une toilette rapide de la main et de l’avant bras, rapide car il fallait faire vite, introduire main et avant bras jusque dans l’utérus pour évacuer tous les caillots de sang qui s’y trouvaient. Et ensuite obliger cet utérus à se contracter sur mon poing en le massant, massant et massant encore de l’autre main à travers la paroi abdominale. Quand il se contractait c’était gagné ! Je pouvais alors retirer poing «et avant bras et compléter le travail par une piqûre d’ergotine qui fait contracter le muscle utérin.

Mais tout ceci dans quelles conditions ! sur un lit de plumes qui s’enfonçait et sur lequel on avait jeté hâtivement un drap propre sous les fesses de la patiente afin que je puisse quand même travailler ailleurs que dans une flaque de sang ; l’accouchée, maintenue par deux ou trois personnes, qui se débattait car c’était très douloureux pour elle et il n’était pas question d’anesthésie… Ah ! elles étaient bien loin les conditions de travail de la maternité de Clermont, avec lit approprié, asepsie, et toute l’aide nécessaire le cas échéant !…

Quand cette hémorragie fut stoppée, je lui mis en train un sérum sous-cutané (c’est tout ce dont je disposais) et je pus enfin respirer un peu. Je restai longtemps auprès de l’accouchée, quatre ou cinq heures je crois, pour être tout à fait tranquille en m’en allant. Je me vois encore dans cette pièce mal éclairée, car il n’y avait pas encore l’électricité, en compagnie d’une vieille grand-mère qui me racontait des histoires anciennes du pays, en particulier celle de deux frères « qui étaient partis avec le premier Napo »…

Hé bien, cette scène se renouvela toutes les fois que je l’accouchai ! Elle eut 14 enfants. Je trouve trace de sept accouchements à son domicile, mais je crois que j’ai dû oublier d’en noter et je pencherais plutôt pour 8 ou 9.

Chaque fois, ce fut le même scénario : Elle envoyait son mari ou un voisin me téléphoner, mais le poste était à 2 km de chez elle ; ensuite je partais rapidement, mais il y avait 17 km à faire dont le dernier à pied ; elle accouchait très vite, ce qui fait que lorsque j’arrivais le bébé était déjà né, entre ses cuisses, mais elle en pleine hémorragie, comme la première fois et pour la même cause.

J’avais beau lui dire chaque fois que si elle était à nouveau enceinte, il ne fallait pas qu’elle reste chez elle, mais qu’elle devait accoucher en maternité, et en s’y faisant admettre huit jours avant la date prévue, ce qui était facile car elle accouchait bien à cette date là, sans décalage notable, mais rien à faire, il n’y avait pas moyen de la faire quitter son domicile !

Et encore, si elle n’avait pas été tellement prolifique ! J’avais essayé de lui apprendre quelques-uns uns des moyens de limiter les naissances dont nous disposions à l’époque car j’avais un peu pitié d’elle et je craignais qu’un jour tout cela se termine très mal ! Mais là encore, pas de succès ! Elle avait un Q.I. plutôt bien diminué, et allez donc lui faire comprendre les explications, mais par contre c’était une grande amoureuse et le résultat était là tous les ans !…

Une de ses voisines, avec qui elle et son mari partageaient une grange commune, m’a assuré les avoir trouvés en pleine action dans cette grange, tout juste une semaine après un de ses accouchements si dramatiques !

Je me souviens d’un jour où, étant allé chez eux pour une visite, comme elle était seule avec sa mère, elle en profita pour me dire tout le mal possible de son mari, lequel parait-il, s’était mis en colère ce jour même contre elle et avait tourné sa colère contre le chien qui se trouvait dans la pièce, le jetant par la fenêtre et lui cassant de ce fait une patte ! A ce moment le mari entra dans la pièce ; alors tout changea ! Il fallait voir les regards énamourés qu’elle lui jetait, en se frottant contre lui et en roucoulant comme une chatte en chaleur !…

Un jour, son mari eut un accident et se fractura le col du fémur. A la clinique où il fut transporté, on lui réduisit sa fracture par un grand plâtre, dit de Witman, qui le prenait sous les aisselles, enrobant tout le tronc et entourant en entier la jambe blessée en la maintenant en position très écartée. Au bout de quelques jours on le renvoya chez lui…Je le vis, complètement immobilisé, à plat dans son lit. Sa femme, pour l’heure n’était pas enceinte. Je fis un petit calcul : « quatre mois d’immobilisation complète, plus neuf mois de durée normale de gestation, s’il lui fait un petit dès qu’il est déplâtré, cela fait treize mois. J’en ai donc pour treize mois de tranquillité »… Car je redoutais par-dessus tout d’avoir à nouveau à l’accoucher ! Eh bien, j’eus quand même à le refaire, mais… dix mois seulement après le retour chez lui de son mari, complètement immobilisé par ce plâtre !… Il y a des femmes ingénieuses et acrobates ! !



Si je puis faire quelques instants une large digression, cela me rappelle une histoire analogue survenue, sinon la même année, du moins à la même époque et dans un autre village de ma clientèle. Je connaissais très bien les protagonistes que je soignais, et les détails me furent données par un témoin, disons de première main…

Dans ce bourg, donc, un jour un veuf, sexagénaire encore robuste et bien nourri, épousa en secondes noces une demoiselle prolongée, âgée de plus de 55 ans, qui avait jusqu’ici vécu dans un milieu assez fermé et rigide. Pour celle-ci, ce fut une vraie révélation ! elle goûta intensément ces joies conjugales et, brave fille sans complexes, pas cachottière pour deux sous et au contraire très portée aux confidences, elle trouva tout naturel d’en faire-part à ses voisines. Ces dernières, plus « fines mouches » apprirent vite à lui « tirer les vers du nez » et c’est ainsi que, grâce à ses confidences, tout le village participa (en paroles !) aux exploits amoureux du couple !

Mais un jour, catastrophe ! Exactement comme le mari de Ginette, le mari fut victime de la même fracture fémorale et traité par le même grand plâtre d’immobilisation complète ! était-ce la fin d’une grandes expérience amoureuse ?

Non ! Car courageusement, semblable à ces femmes de la campagne qui, le mari étant hors d’état, pour une cause quelconque, d’assurer la direction de l’exploitation, prennent bravement la place de l’homme en cette circonstance, elle en fit de même ! Et comme hypocritement les commères du coin la plaignaient de l’immobilisation forcée de son mari, sans malices, elle les rassura en leu faisant par de la solution de rechange adoptée ! Et comme ces nouvelles confidences firent, elles aussi, le tour du pays, il est une expression, à la fois très imagée et suggestive, qui entra quelque temps dans le folklore de ce bourg : c’est « faire à dada » !…



Mais revenons à notre Ginette ! Elle m’écrivit de longues lettres, signées au début de son nom de femme, puis tout simplement de son prénom. Je les gardais, mais je ne sais plus dans quels papiers elle se sont glissées, et je crains de les avoir perdues, ce qui serait dommage car elles donnent une haute (?) idée de l’instruction dans la montage du Forez au vingtième siècle ! ce n’étaient pas des lettres d’amour, rassurez-vous, mais des lettres écrites avec une orthographe invraisemblable, sans aucune ponctuation, ce qui amenait à des contresens cocasses, et qu’il fallait parfois syllaber à voix haute pour arriver à les comprendre. Il y était souvent question de ses règles qui – hélas ! – n’arrivaient pas ; de les lui envoyer par « Firmin » (un brave garçon très dévoué qui à l’époque assurait le transport du courrier entre Augerolles et La Renaudie, et elle m’a réellement écrit cela !) ; d’apporter mes « fers » pour lui arracher une dents ; de venir « flanquer une tripotée » à son mari… etc ! Bref, tout ceci n’est qu’un résumé et il faudrait lire les originaux.

Pendant tout ce temps, elle continuait son œuvre procréatrice avec la régularité d’un appareil à sous et un jour arriva ce que je craignais. Malgré mes manœuvres plutôt barbares mais nécessaires, je ne pus arriver à juguler et à stopper complètement son hémorragie habituelle. Je la chargeai alors dans ma voiture et nous partîmes à la clinique de Thiers à la vitesse « grand V » en priant le ciel pour que je puisse arriver à temps !

Cette chaude alerte eu toutefois un résultat bénéfique : C’est qu’elle comprit enfin quel danger elle courait en restant chez elle pour accoucher, et dorénavant comme je lui avais conseillé bien avant, elle se fit hospitaliser à la maternité de Thiers quelques jours avant la date présumée de l’accouchement.

Car elle continua encore à faire quelques petits ! Jusqu’au jour où on lui découvrit un petit fibrome et où on l’opéra, mettant ainsi fin définitivement à sa brillante carrière procréatrice. Car elle avait eu 14 enfants et n’avait encore que 36 ans !

Quatre de ses enfants sont, à ma connaissance, décédés à ce jour : deux en bas age, dont un accidentellement, un récemment à la trentaine révolue, et surtout la deuxième des filles (elle eut surtout des filles, et celle-ci était la première des enfants où j’eus à intervenir pour la naissance) dans des circonstances qui sont une cruelle ironie du sort. Infirmière à l’Hôtel Dieu de Clermont et mariée, elle était en somme l’intellectuelle de la famille. A son premier accouchement, à la maternité de cet hôpital, elle mourut d’une hémorragie, conséquence peut-être de la même tendance que sa mère et pour laquelle elle aurait dû être surveillée tout particulièrement, surtout faisant partie du personnel soignant de l’établissement !

J’ai fini ici mes souvenirs obstétricaux avec les accouchements de ma championne Ginette.




Mémoires du docteur Albert Mathé - Augerolles (Puy de Dôme) | Fontenille.jp@gmail.com

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